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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /2007 20:56
Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM - Publié dans : Actions ici
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 17:32
Par David BORDES - Publié dans : Actions ici
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Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /2007 19:31

Conférence débat contradictoire OGM

Foire Expo de Pau – le 5 octobre 2007

Partie 1 / 6

- Monsieur Forsans (animateur)

Imaginons, et ne faisons qu'imaginer, quelle est la photographie de notre salle ce soir. ICi, à gauche, ..., c'est une apicultrice. Et elle enrage depuis qu'elle a découvert qu'un de ses voisins a fait un champ de maïs OGM. Elle enrage, elle se sent piquée, elle attaque. Ici, nous avons Pierrot Lagro. C'est un technicien agro. Y'a 20 ans qu'il fait le boulot. Et il ne supporte pas, quand il entend, lui, autour de lui, parler les anti-OGM : il a vu tous les progrès depuis 20 ans. Le nombre de quintal à l'hectare, le nombre de quintal aujourd'hui. Alors il ne supporte pas.

Ici, vous avez Pascal Blanchet. Lui, c'est autre chose encore, c'est un agriculteur bio. Et il soutient, parce qu'il a ses raisons, qu'on peut nourrir la planète autrement qu'avec des OGM. Et quand il entend des propos contraires, il monte en température.

Y'en a d'autres. Ils ont tous leur avis, ils ont tous leurs raisons. Et la caractéristique,c 'est que quand ils entendent l'autre, ça pète, ça cogne.

Eh bien ce soir, ce qu'on vous propose ici,c'est quelque chose d'un peu différent. Vous pouvez tout dire, vous pouvez le dire comme vous voulez, hormis que l'indignité ne sera pas de mise.

Il y a ici des suppots de satan. Vous avez remarqué que je ne cite personne, parce qu'ils sont tous suppots de satan pour ceux qui sont pas de leur camp. Alors ce que je vous propose, c'est pas de faire comme au foot. Car ils ne sont pas d'accord, ils ont des avis différents, vous n'êtes pas d'accord... vous allez vivre de l'émotion, vous allez entendre des choses qui vont vous déplaire, vous déranger, vous choquer. MAis on est là pour avancer, c'est un vrai débat de société, et ca se fait pas dans la joie, jamais, et ca se fait pas non plus dans la douleur. Donc je vous propose une soirée, qui est vraiment une soirée d'apprentissage d'abord de ce que sont les OGM dans un premier temps.

LEs 2 personnes qui sont là, les fautives, finalement, les organisatrices, collectivement, vont dire pourquoi elles ont organisé cette soirée.

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2 temps : un premier temps où il a été choisi de vous faire des apports sur l'état actuel des connaissances en la matière des OGM du point de vue scientifique. Ensuite, et ca en 2 fois 20mn, avec Christian Vélot, docteur en Biologie, maître de conférences à Paris Sud; Patrick de Kochko, il participe à l'heure actuelle au Grenelle de l'environnement; à coté, Christian Pees, que vous ne connaissez surement pas, c'est un nouveau dans la région ! président d'Euralis, agriculteur, 25 Hectares, des céréales, du porc, des responsabilités, la direction de cette coopérative, emblématique ici dans la région; Guy Riba, directeur général de l'INRA, autorité en France en matière agricole.

Et puis ce sera à vous de poser les questions et d'entendre les réponses apportées par la table.

Ils se sont mis d'accord, ils se sont entendus entre eux, et ls ont décidé que c'était Christian Vélot qui allait commencer.

Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM - Publié dans : Actions ici
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Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /2007 19:37

Conférence débat contradictoire OGM

Foire Expo de Pau – le 5 octobre 2007

Partie 2 / 6


Vélot :

Merci mr Forsans pour cette originale introduction, et merci à vous tous d'être venus ce soir si nombreux, c'est toujours très agréable de s'adresser à une salle bien remplie. Et puis je vais d'amblée remercier les 2 contradicteurs qui sont venus, je considère que la contradiction c'est ce qui fait respirer la démocratie, même si on reste pas d'accord, c'est pas grave, chacun ensuite aura les avis contradictoires et pourra se faire une opinion objective, mais pour qu'il y ait contradiction, faut-il encore qu'il y ait des contradicteurs. Et bien souvent, quand on est invité à faire une conférence, on nous demande d'amener notre contradicteur dans notre valise parce qu'on n'en a pas.

J'ai l'honneur ou la malchance de commencer, et je vais bien sûr commencer par définir ce qu'est un OGM, parce qu'en tant qu'enseignant j'ai toujours l'habitude de rappeler que la reine d'Angleterre est une femme, et par conséquent même s'il y a des gens ici qui savent déjà ce que c'est qu'un OGM, je pense que ca fait pas de mal de le redire et je vais le redire.

Alors je vais vous donner la définition officielle, qui est la définition retenue par nos instances, par Bruxelles notamment, qui dit que un OGM, c'est un organisme vivant (animal, végétal, microbe) dans lequel on a introduit de façon non naturelle c'est à dire par intervention de la main de l'homme au moins un gène qui ne lui appartient pas. Un gène de bactérie, vous le mettez dans l'éléphant, l'éléphant est un OGM, un gène de bactérie dans le maïs, le maïs est un , etc...

Le gène, c'est quoi? Ce sont des molécules codées dans un langage qu'on appelle le langage génétique, qui se trouve sur nos chromosomes et qui détient le secret de fabrication des protéines. Et les protéines, ce sont un peu les ouvriers des usines cellulaires qui constituent chaque cellule de tout organisme vivant. c'est à dire qu'on peut considérer qu'un organisme vivant, c'est un tas de cellules empilées les unes sur les autres, ce sont des sortes de mini usines. Dans chacune de ces usines, il y a des processus biologiques, des chaines de montage ou de démontage. Sur ces chaines de montage et de démontage travaillent des ouvriers : ce sont les Protéines, et le secret de fabrication des protéines est contenu dans les gènes. Et donc quand on prend un gène de bactérie par exemple et qu'on le met dans le maïs, eh bien le langage génétique étant universel dans tout le monde du vivant, l'usine cellulaire du maïs est capable de prendre ce gène à son propre compte, de le décoder, et de fabriquer elle même la ou les protéines codées par ce gène. Autrement dit, quand on met un gène de bactérie dans le maïs, on introduit un ou plusieurs ouvriers de l'usine cellulaire bactérienne dans l'usine cellulaire végétale du maïs. Et si on met des nouveaux ouvriers dans l'usine, c'est pas pour qu'ils regardent les autres bosser, c'est pour travailler, c'est à dire qu'ils vont contribuer à une nouvelle chaine de montage ou de démontage, qui va alors conférer des nouvelles propriétés à l'organisme qui héberge ce nouveau gène, c'est à dire dans mon exemple le maïs, qui est alors l'organisme génétiquement modifié, qu'on appelle aussi un organisme transgénique, parce que le gène étranger de la bactérie qu'on a mis dans le maïs est ce qu'on appelle un transgène, la transgénèse étant l'ensemble des processus qui permet de fabriquer ces organismes transgéniques. Voilà donc comment on peut définir ce qu'est exactement un organisme transgénique.

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Forsans :

est-ce qu'on peut dire que finalement, les OGM, ce sont des ouvriers supplémentaires qu'on fait rentrer dans l'usine pour bosser et faire des choses différentes?

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Vélot :

Effectivement, quand on fait un organisme transgénique, ca veut dire qu'on introduit des ouvriers nouveaux dans l'usine qui proviennent de l'organisme donneur dont on a prélevé le gène.

Les OGM, vous en avez tous beaucoup entendu parler depuis une quinzaine d'années, c'est à dire depuis qu'ils ont été introduits dans le monde agro-alimentaire. Mais il faut savoir, et c'est très important, que les OGM ne sont pas que agro-alimentaires. Ca fait 30 ans qu'on utilise les OGM dans les laboratoires, en espace confiné, à des fins de recherche fondamentale, médicales et pharmaceutiques, et donc plus récement, à des fins agro-alimentaires. Ce qui veut dire qu'il y a multiples domaines d'utilisation et d'application des OGM. C'est très important parce qu'on a souvent tendance à faire un amalgame entre tous les OGM. Et notament quand il y a des émissions de télé sur les OGM auxquelles j'ai pu participer, ou simplement que j'ai regardées en tant que téléspectateur, ca commence souvent par un mini-film qui a la prétention d'expliquer au grand public ce que sont les OGM, et ca se résume en général par un sandwich avec une couche de médicaments entre 2 feuilles de maïs, histoire de faire un bel amalgame entre tous les domaines, et notament dans le but d'utiliser la vitrine médicale pour mieux servir les arguments agroalimentaires. Et ça, indépendament de l'avis de chacun sur les OGM, c'est extrèmement malhonnète, car les problèmes posés par les OGM ne sont pas du tout de même nature en fonction du domaine d'utilisation. Et c'est d'autant plus malhonnête quand c'est cautionné par des scientifiques, et je parle de scientifiques qui s'y connaissent en matière d'OGM, je ne parle pas bien sur de Claude Allègre, qui lui s'y connait autant en OGM que Thierry Roland en danse classique, mais il la ramène tout le temps.

Cet amalgame est extrèmement malsain, parce que vous allez voir, que vous soyez pour tous les OGM, contre tous les OGM, pour certains ou contre d'autres, les arguments que vous serez amenés à déployer ne seront pas de même nature en fonction des OGM dont vous parlez parce que les problèmes posés ne sont pas de même nature.

Je dirai qu'il y a 2 grandes différences entre tous les OGM qu'on utilise depuis 30 ans en espace confiné et les OGM dont il va être question ce soir c'est à dire les OGM agro-alimentaires.

LA première différence, c'est que tous les OGM qu'on utilise depuis 30 ans en laboratoire, par définition, sont confinés alors que ceux qu'on va utiliser en agro-alimentaire sont destinés à disséminer dans l'environnement et introduits dans la chaine alimentaire, ce qui va inévitablement, indépendament des réponses qu'on peut y apporter, soulever des questions d'ordre environnemental et sanitaire, entre autres.

Et puis il y a une autre différence majeure entre tous les OGM de laboratoire et ceux qu'on va utiliser dans les champs, dans les assiettes, c'est que tous les OGM utilisés depuis 30 ans sont des outils c'est à dire ce n'est pas une fin en soi, c'est un moyen pour arriver à une fin. Quand on fait par exemple des OGM en recherche fondamentale, comme c'est mon cas, c'est un outil au service du chercheur, ce ne sera rien d'autre qu'une éprouvette biologique, un intermédiraire dans un protocole, que l'on va d'ailleurs devoir tuer au cours du protocole. Car au bout du compte, ce qui nous intéresse, ce n'est pas l'OGM, c'est ce qu'il va nous permettre de faire, c'est un moyen d'arriver à une fin. De la même manière, dans le domaine médical par exemple, on utilise des OGM pour produire des protéines d'intérêt pharmaceutique, c'est typiquement le cas de l'insuline qui est produite par la technique OGM depuis 25 ans, où on a pris un gène humain détenant le secret de fabrication de l'insuline, qu'on a mis dans des bactéries de notre intestin que l'on est capables de multiplier à grande échelle dans des fermenteurs, et le langage génétique étant universel, ces bactéries prennent le gène humain à leur propre compte, le décodent, et fabriquent elles mêmes l'insuline humaine. Là encore, ce que vous allez cherche en pharmacie, ce n'est pas la bactérie OGM, c'est l'insuline, la protéine fabriquée par l'OGM. LA bactérie OGM n'est encore une fois qu'un outil, une usine à médicaments que l'on va devoir éclater pour récupérer l'insuline qui est dedans.



En revanche dans le domaine agricole, agro-alimentaire, quand on fait un maïs OGM, ou colza, ou soja, ou ce qu'on veut, ce maïs OGM, on va le semer comme un maïs conventionnel, on va le cultiver comme un maïs conventionnel, on va le récolter comme un maïs conventionnel, et il va être mangé par les humains comme un maïs conventionnel. Par conséquent, ce n'est plus un outil, un intermédiaire dans un protocole, c'est une fin en soi. L'OMG est utilisé comme un organisme à part entière.

Vous allez me dire, ca me fait une belle jambe, qu'est ce que ca change? Eh bien ca change beaucoup de choses. A partir du moment où l'OGM est utilisé comme un organisme à part entière, ca soulève de nouvelles questions, auxquelles on doit être en mesure de répondre! Notament de savoir : est-on capables de maitriser les conséquences de la modification génétique qu'on a faite dans le maïs, sur l'ensemble des métabolismes du maïs et sur les répercussions que ca peut avoir dans la chaine alimentaire. Es-t'on capables de maitriser les conséquences de la modification génétique que l'on a faite dans le maïs sur l'interaction du maïs avec son environnement? Quand on fait une bactérie qui produit de l'insuline, on n'en a rien à faire si la bactérie n'est pas bien par ailleurs, pourvu qu'elle nous fasse l'insuline et qu'elle la fasse bien.

En revanche, quand on fait un maïs qui produit une toxine, comme la Bt (Bacillus Thuringensis), le maïs monsanto 810 cultivé ici dans le Sud-Ouest, c'est pas le tout de faire produire au maïs une toxine normalement fabriquée par une bactérie (gène de la bactérie Bt introduit dans le maïs, qui code pour la fabrication d'une toxine luttant contre un insecte), ca, c'est facile à faire. Mais la question est de savoir en quoi l'introduction du gène dans le maïs aurait pu perturber d'autres gènes naturels du maïs, les inactiver, les surexprimer, quelles conséquences sur le métabolisme du maïs, quelles répercussions dans la chaîne alimentaire? Cette toxine produite dans le maïs, que devient elle? Elle va s'accumuler dans les cellules, notament dans les racines, ca va passer dans le sol, que devient cette toxine dans le sol? Quels sont ses effets sur les microbes du sol, dont on n'en connait que 5%? Quels sont ses effets sur les insectes utiles, coccinelles, abeilles, etc... Je n'ai pas la prétention d'avoir les réponses à toutes les questions, on a un certain nombre d'indices et on va en parler tout à l'heure, je dis simplement voilà les questions nouvelles que ça pose et auxquelles on doit être en mesure de répondre si il n'y a pas d'urgence sociale qui justifie que l'on aille vite.

Et ca c'est très important : est-ce qu'il y a une utilité sociale aujourd'hui, c'est une question centrale du débat, qui justifie que l'on aille vite et qu'on ne prenne pas le temps d'évaluer tant sur le plan environnemental que sanitaire, ces OGM. Je ne crois pas que ce soit le cas, personnellement, je ne pense pas que ce soient ni les consommateurs, ni les agriculteurs qui sont allés frapper chez Bayer ou chez Monsanto pour leur demander des OGM, on leur a mis devant le nez et ils l'acceptent ou ils le refusent. Donc, on en est là.

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Forsans :

Est-ce que vous êtes en train de nous dire que votre position est finalement assez modérée malgré votre ton très enflammé? est-ce que vous êtes en train de me dire que finalement le problème c'est pas de savoir si l'on est pour ou contre, c'est de réclamer les conditions pour analyser l'influence sur le système?

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Vélot :

J'ai toujours tendance à être modéré au début. Faut y aller crescendo. MAis effectivement, je pense qu'aujourd'hui les premières questions qui se posent, indépendament de savoir d'abord si on est pour ou contre, et on doit être en mesure de répondre à ces questions.

Alors quand je dis qu'on doit être en mesure de maitriser les conséquences de la modification génétique sur la plante, qu'est ce qu'il en est exactement? On entend souvent dire que la technologie OGM est une technologie chirurgicale. Les mots ont leur importance, car quand on dit de quelque chose que c'est chirurgical, on sous-entend qu'on maitrise tout, parce que quand on va voir le chirurgien, on espère bien qu'il maitrise tout. Je peux vous dire que, hormis le fait qu'il ne maitrise pas forcément tout, mais, si le chirurgien maitrisait la chirurgie comme nous les biologistes moléculaires maitrisons la technologie OGM, je nous souhaite tous de ne jamais avoir à faire à un chirurgien, mais alors vraiment! Parce que, non, ce n'est pas une technologie chirurgicale.

Quand on met un gène de n'importe quoi dans n'importe quoi, on n'y va pas avec le dos de la cuillère. Par exemple, pour mettre des gènes dans des bactéries, ce qu'on fait classiquement en laboratoire toutes les semaines quand on fait de la biologie moléculaire, on met le gène étranger au contact des bactéries,on met ca dans un petit récipient avec 2 électrodes (une cathode une anode), on envoie une décharge électrique dans la cuve de 2500 Volts pendant une fraction de secondes, ca tue 95% des bactéries, et parmis les 5% qui restent, le choc électrique ca leur a fait des trous par lesquels peut rentrer l'ADN et aller se mettre dans le chromosome de la bactérie. vous voyez que comme chirurgie on peut déjà faire mieux.

Avec des cellules de plantes, il y a différentes techiques. Une souvent utilisée, c'est la technique de biolistique, terme très poétique, il y en a un moins poétique mais plus parlant qui est le canon à gènes. On utilise des micro-billes de tungstène, d'or ou de platine, qu'on va trempouiller dans la solution d'ADN qu'on veut faire rentrer dans la planten l'ADN a une affinité pour ces revêtements, donc il vient tapisser les billes. Et avec un appareil qui ressemble à un petit révolver, on va bombarder les cellules végétales en culture, les billes vont passer à travers, et au passage, y'a de l'ADN qui va rester éventuellement dans les cellules et qui va aller s'intégrer comme il peut dans les chromosomes de la plante.

Vous voyez que si vous entrez dans un bloc chirurgical et que vous voyez le chirurgien avec ce type d'outils, non, ce n'est pas chirurgical.

Il est bien évident qu'avec ce type de technique, on ne maitrise pas par exemple le nombre de gènes qui va s'intégrer dans la plante, le nombre de copies de gènes, les endroits où ils vont aller s'insérer... On a des possibilités techniques de le vérifier à postériori, mais ces possibilités techniques en revanche ne nous ditons jamais si on n'a pas perturbé des gènes naturels de la plante, etc...

Donc, ce sont des techniques extrèmement aléatoires qui devraient justifier que ces OGM soient évalués de manière extrèmement rigoureuse, sur le plan sanitaire en particulier, et également sur le plan environnemental. Or, on n'en est pas là, parce que aujourd'hui, il y a une notion qui est retenue par toutes les instances gouvernementales dans le monde en matière d'OGM qui est la fameuse "équivalence en substance" : qui constiste à dire qu'un OGM est équivalent en substance à l'organisme à partir duquel on l'a fabriqué, ca veut dire que cet OGM ne va différer de l'organisme initial (le conventionnel) à partir duquel on l'a fabriqué que par les gènes qu'on a mis dedans ou les gènes qu'on a modifiés. c'est une absurdité scientifique. En plus des ouvriers dans nos usines, dans les usines cellulaires de la plante, y'en a plein. Vous rajoutez des ouvriers là dedans, ils vont contribuer à une nouvelle chaine de montage et de démontage, ca va interagir de manière absolument incontrolée. Y'a pas un seul scientifique au monde, ni même Claude Allègre, qui est capable de recenser ce que peuvent être à court, à moyen ou à long terme les conséquences d'une modification génétique sur un organisme à cause de ca. Et des exemples comme ca, on en a à la pelle. On nous a fait une pomme de terre transgénique qui résiste à un virus, oui, mais elle a les tubercules qui poussent en l'air, pourquoi? Un melon transgénique qui résiste à une peste (j'ai oublié son nom), mais il éclate avant maturité, pourquoi? On nous a fait un saumon géant du Canada dans lequel on a bidouillé le gène d'hormone de croissance pour qu'il devienne plus gros, plus vite, le but étant de diminuer le temps d'élevage en pisciculture, c'est vrai que c'est primordial! Eh bien, ce saumon, d'après la notion d'équivalence en substance, ne devrait être que plus gros, la seule chose qui devrait le différencier du saumon normal, c'est la taille, puisque le seul gène qu'on a modifié ou introduit, c'est le gène d'hormone de croissance. Eh bien ce saumon fait 5 à 6 fois la taille du poisson normal au bout de 18 mois, mais il est aussi plus agressif, il a une prédisposition au diabète, et il a la tête déformée, à tel point que les poissonniers au canada, ils n'en voulaient pas : si on met ca sur l'étal, tout le monde va se barrer en courant. On leur a dit : c'est pas grave, vous allez le vendre sous forme de filets. Au nom encore une fois de quelle urgence sociale ne prend on pas le temps d'évaluer du point de vue sanitaire, toxicologique, pourquoi lorsqu'on modifie le gène d'hormone de croissance du saumon il déforme la tête par exemple.





C'est pour ca que je disais que les OGM ne devraient pas pouvoir échaper à des tests extrèmement stricts avant de faire n'importe quoi et avant de les mettre dans l'environnement, s'il n'y a pas une attente sociale démontrée. D'autant plus, et c'est très important, que 99,99% des OGM agricoles plantés sur la planète (100 milliards d'hectares plus tous ceux qui font l'objet de demandes pour demain,pour les 10 ans à venir, c'est encore la même chose) sont des plantes à pesticides.

C'est quoi? PEsticide, je le rappelle, c'est le terme générique qui englobe insecticide, fongicide, herbicide, etc... Une plante à pesticide, c'est une plante qui accumule ou est susceptible d'accumuler des pesticides. Parce qu'elle a été génétiquement modifiée, soit pour en produire en permanence (cas du Mon 810), non pas pour résister (nous on se fait piquer par un insecte, on a mal mais on résiste), alors que la plante, elle tue l'insecte. Donc, c'est une plante insecticide. On a donc une plante qui produit l'insecticide en permanence, donc qui l'accumule. L'autre cathégorie de plantes à pesticides, ce sont des plantes qu'on a génétiquement modifiées pour leur permettre d'absorber un herbicide sans mourrir. Cet herbicide aurait dû tuer la plante, mais finalement, elle ne va pas mourrir, donc elle va pouvoir l'absorber sans mourrir. Ca veut dire qu'on va avoir des plantes qui accumulent un herbicide par absorption ou qui accumule un insecticide par synthèse. La moindre des chsoes serait donc que ces plantes soient évaluées comme des pesticides. C'est le minimum qu'on est en droit de demander. Parce que que deviennent ces pesticides dans les plantes, dans la chaine alimentaire, chez l'animal qui mange la plante, chez l'homme qui a mangé l'animal qui a mangé la plante, d'autant plus qu'on sait qu'un certain nombre de pesticides ont tendance à s'accumuler dans la chaine alimentaire, notament au niveau du lait, des oeufs, donc c'est extrèmement important. Or la législation européenne sur les pesticides (directive 91-414), on peut en penser ce qu'on veut, qu'elle est insuffisante, etc...elle a au moins le mérite d'être claire et cadrée, elle dit que pour qu'un pesticide obtienne une autorisation de mise sur le marché, il doit avoir subi avec succès, entre autres, des tests psychologiques de 3 mois sur 3 espèces animales différentes, dont le rat et la souris, plus des tests à 1 an, plus des tests à 2 ans sur le rat. Pourquoi 2 ans, parce que c'est la durée de vie d'un rat et ca permet de voir les effets du pesticide tout au long de la vie. On peut penser que c'est insuffisant, il faudrait le faire sur des femelles en gestation, analyser la descendance, mais au moins ca a le mérite d'être cadré.

En ce qui concerne les plantes OGM, qui sont donc des plantes à pesticides, la directive 2001-18, cette fois-ci, qui est la directive européenne concernant les OGM, demande effectivement des tests à moyen et long terme. MAis tant que la directive n'est pas transposée, et même dans certains pays où elle est transposée, on peut s'en étonner, les tests ne sont pas des tests à moyen et long terme, et les OGM font l'objet d'une évaluation au maximum de 3 mois sur Une espèce animale (le rat OU la souris). Et en plus pour des raisons de secret industriel, ces tests sont faits par des laboratoires choisis pas les firmes semencières, ce qui évidement, sans faire un procès d'intention aux firmes, va forcément poser des problèmes de transparence! A partir du moment où on nous fait des tests et qu'on a toutes bonnes raisons de montrer que notre OGM est bon pour la santé, pourquoi le cacher? Or, à chaque fois qu'on a voulu avoir accès aux données brutes de ces tests, ca a été au prix de batailles juridiques et administratives monstrueuses.

Ca a été le cas du fameux Monsanto 863 ( maïs Bt résistant à la crysomèle, insecte qui s'attaque aux racines du maïs), ce maïs Bt n'est pas autorisé à la culture en Europe, mais il est autorisé à l'alimentation animale et humaine. Ce maïs a fait l'objet d'évaluation de 3 mois sur des rats,fait par un laboratoire choisi par monsanto. Et on a pu avoir accès aux données brutes grâce à une action de Greenpeace qui a saisi la cour de justice allemande parce que c'est en Allemagne que ca avait été évalué, et qui a donné raison à Greenpeace, au départ on avait refusé de donner les tests au nom du secret industriel. Et donc on a pu constater que sur ces rats, comme la plupart des rats pour lesquels on a les données brutes,on a des effets sur le foie, sur le rein, qui comme par hasard sont les 2 organes de détoxification. Dans le cas du Mon 863, on a pu mettre en évidence 39 paramètres globaux (hépatiques plus rénaux) qui sont altérés. ALors, effectivement, ils ne sont pas altérés de la même manière chez les mâles et chez les femelles. Par exemple, les femelles ont un taux de glycémie supérieur, un taux de globules rouges supérieur, une taille du foie qui a augmenté de 20%, pas les mâles. PAr contre, les males ont la taille des reins qui a diminué, pas les femelles. LEs femelles grossissent, les mâles maigrissent. Donc, vous voyez, globalement, c'est bon. c'est l'argument qu'on a utilisé. L'agence Européenne de Sécurité Alimentaire a repris les conclusions de ces tests en disant : ces tests sont statistiquement significatifs, mais biologiquement non significatifs, au prétexte qu'on a une variabilité en fonction des sexes. C'est à dire que vous prenez un homme, vous lui mettez la tête dans un fous à micro-ondes, les pieds dans un bloc de glace, et vous dites la température moyenne du corps au nombril est bonne. C'est pas sérieux! Indépendement là encore de l'avis sur les OGM, c'est pas sérieux! N'importe quel toxicologue qui voit des effets liés au sexe entre les hommes et les femmes, les garcons et les filles, les mâles et les femelles, suite à un traitement, suite à une nourriture, la première chose qu'il soupçonne, c'est les voies hormonales sexuelles qui par définition sont différentes dans les 2 sexes bien sur, et on sait en plus qu'un certain nombre de pesticides comme le RoundUp s'attaque aux voies hormonales sexuelles, eh bien il n'y a eu aucun dosage hormonal de fait! On a dit, ce maïs est bon à la consommation animale et humaine encore une fois au nom de quelle urgence sociale?

Moi, et là ce n'est pas le pro ou l'anti OGM qui parle, c'est pas l'homme de gauche ou l'homme de droite, c'est simplement le scientifique et le citoyen, qui ne comprend pas comment des élus de la république, que ce soit au niveau de l'Europe, des différents états membres, qui se doivent d'être les garants de la sécurité sanitaire des citoyens, peuvent ainsi mettre la santé publique à la remorque des intérêts financiers des firmes semencières. Et je crois qu'il s'avérera, sans m'appeler Elisabeth Teyssier, que cette histoire d'évaluation sanitaire des OGM sera le véritable scandale du siècle. C'est pas possible qu'on puisse, alors qu'il n'y a pas d'urgence sociale, prendre les citoyens pour des cobayes, et la planète pour une paillasse de laboratoire. Et je vais terminer en disant que cette démarche qui consiste à nous imposer des OGM à la surface de la planète, parcequ'il s'agit bien de nous les imposer, qu'on le veuille ou non (aujourd'hui il y a un Grenelle de l'environnement, on discute des OGM, mais ils sont déjà cultivés, c'est quand même pas mal, on devrait dire stop, on réfléchit, on fait une loi ou on décide moratoire, pas moratoire, et ensuite on fait ou on fait pas, mais là on fait et puis on discute quand même. Moi, ca me parait déjà pas très pragmatique comme méthode). Donc, y'a vraiment le fait accompli, et je dirais que cette méthode qui consiste à imposer les OGM à la surface de la planète est une méthode totalement anti scientifique. On taxe souvent les militants anti-OGM d'obscurantistes, de passéistes, et d'anti-science, je ne crois pas, pour les avoir beaucoup cotoyés dans différentes interventions publiques, etc, que ce soient des anti science. Ils ne sont pas contre les OGM en tant que tels, ils sont contre ce qu'on en fait dans les champs, dans les assiettes, ce n'est pas pareil. Et je dirais que la démarche est totalement anti-scientifique, parce que quand on est confronté à un sujet de recherche, quel qu'il soit, par exemple, comment s'affranchir des dégâts occasionnés par la pyrale sur le maïs, c'est un sujet comme un autre; en bon scientifique, on devrait mettre à plat toutes les alternatives : la transgénèse végétale en est une, il y en a d'autres. Pour chacune d'elles on devrait regarder la faisabilité, les risques, et les mettre en contradiction. Et si les risques sont mal maitrisés ou n'en valent pas la chandelle, alors on devrait se poser la question des alternatives: pourrait-on faire autrement? Pourrait-on arriver au même résultat sans courrir ces risques là. Et si on se posait systématiquement ces questions, je crois qu'on se rendrait compte que faire appel aux OGM pour résoudre un soi-disant problème agricole, en réalité c'est déplacer une grue pour soulever un grain de sable, parce que les solutions elles existent. Seulement, pour se rendre compte que les alternatives existent, faut-il encore que les scientifiques sortent de leur bulle, et aillent discuter avec ceux qui ont inventé la grille de lecture, qui ne sont pas des scientifiques, ni même les agronomes, mais les paysans.

Et les alternatives, elles existent. On nous fait une patate qui résiste au mildiou. Mais attendez, si on va en Bolivie, où il y a des tas de variétés paysannes, des semences paysannes de patates, on trouve déjà des patates qui résistent au mildiou! mais elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel! On nous parle de faire du maïs qui pousserait sans eau en mettant dans le maïs des gènes de Sorgho parce que le Sorgho consomme moins d'eau que le maïs, et on essaie de calquer le métabolisme du maïs sur celui du Sorgho, mais attendez : y'a d'abord des alternatives, ce serait peut etre d'abord de planter du sorgho! Deuxièmement, comme dirait mon collègue Jean Pierre Berland, le maïs qui pousse dans le désert, ca existe déjà, ca s'appelle des cactus, et pour être un peu plus sérieux, si on va dans le berceau du maïs qu'est le Mexique, on trouve déjà des maïs qui poussent avec très peu d'eau. J'ai un collègue d'ailleurs, qui travaillait chez Monsanto, qui en est parti, qui aujoudr'hui est agriculteur bio, comme quoi tout conduit à tout, il a travaillé au Sénégal avec des maïs qui poussent avec très peu d'eau, qui sontle résultat de la sélection paysanne, donc on ne réinvente même pas l'eau chaude, on réinvent l'eau tiède, et c'est là que je dirais que ca devient anti démocratique, c'est qu'on ne consulte pas la société civile : le problème des OGM reste une affaire scientifico-scientifique qui exclut les citoyens. Et ca, je crois que ce n'est pas rendre service à l'avenir de la planète, à l'avenir de nos enfants, je crois qu'on est en train d'hypothéquer la santé de nos enfants... Encore une fois, on ne dit pas que les tests sanitaires sont suffisants pour démontrer que les OGM sont toxiques, on dit qu'ils sont suffisament inquiétants pour au mieux appliquer le principe de précaution, au pire demander à ce que ces tests soient refaits jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune ambiguité, que ce soit dans le sens de l'inocuité ou dans le sens de la toxicité. On n'en est pas là, on est en train d'hypothéquer l'avenir de nos enfants, l'environnement, tout ca pour des profits, je pense que ca mérite quand même d'être discuté et je dirais encore une fois que c'est pas rendre service à la science. Parce que on m'accuse souvent, comme les collègues qui tiennent le même discours, qu'effectivement on crache dans la soupe en tant que scientifique, mais je pense que les scientifiques qui en croyant défendre la science, défendent la manière dont aujourd'hui on introduit les OGM sur la planète, c'est vraiment comme des crocodiles qui sponsoriseraient une entreprise de maroquinerie. Parce que c'est vraiment le meilleur moyen de discréditer la science. Il faut au contraire réconcilier la science avec les citoyens et pour celà il faut arrêter de les mettre à l'écart et les consulter. Je vous remercie.

Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM - Publié dans : Actions ici
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Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /2007 19:41

Conférence débat contradictoire OGM

Foire Expo de Pau – le 5 octobre 2007

Partie 3 / 6

Forsans :

Et pourtant je vous le jure, j'ai entendu dans la salle : c'est n'importe quoi! Ca veut dire que, au delà du propos tenu par Mr Vélot, il y a très vraisemblablement d'autres points de vue dans la salle. Alors, pour aller voir ce que ca peut être, autrement, autre chose, vous avez la parole, Mr Riba.





- Intervention de Monsieur Riba:

Il y a un certain nombre de choses qui ont été dites par Vélot et que je partage, des choses que je ne partage pas, mais je pense que le moment n'est pas encore venu de répondre point à point, je suis prêt à répondre point à point. Je vais, dans un premier temps dire que je suis d'accord avec lui sur le fait qu'il ne faut pas faire d'amalgame, et dire qu'on est pro-OGM ou dire qu'on est contre-OGM n'a pas grand sens. JE suis d'accord avec lui sur le fait qu'il faut mieux traiter les affaires au cas par cas, argument par argument, parce que moi le premier, on me médit souvent dans la catégorie des pro-OGM, je pense que je suis plus anti-OGM que certains anti-OGM.

Parce que j'ai une série d'arguments qui me permet de m'opposer fermement à certains OGM. En revanche, je suis pour certains OGM déjà existants et notament le cas du maïs Bt. Pourquoi, et quel est mon parcours?

Je suis originaire de près d'ici, je suis rentré à l'INRA, j'ai travaillé 17 ans en lutte biologique, c'est à dire pour trouver des procédés que Vélot a évoqués, qui consistent à remplacer des produits chimiques par des produits bio. JE ne suis pas un fana de la biotech.

Deuxièmement, j'ai été aussi, ca ne va pas vous plaire, le premier chercheur français qui a travaillé sur le maïs Bt dès 1992.

Et troisièmement, c'est moi qui ai fondé le programme d'agriculture biologique à l'INRA en 1998.

Alors vous vous dites, ce type là, il est plein de contradictions, il ne sait pas ce qu'il veut. Ce que je veux, je suis fonctionnaire, j'appartiens à la recherche publique, et mon devoir, est de proposer à l'ensemble des citoyens une palette avec des arguments pour, des arguments contre, des évaluations d'avantages et de risques, mais il n'est pas de mon devoir de trancher pour ou contre, j'offre cette palette et les citoyens s'organisent et les acteurs économiques, etc, pour s'approprier ceci, ou ne pas se l'approprier.

Je ne défendrai jamais l'idée que les OGM sont une panacée et je suis entièrement d'accord avec Vélot quand il dit que lorsqu'on veut faire des biotech, il faut aussi vérifier les autres champs de recherche qui peuvent être pertinents dans le même objectif.

Et ca, ca a 2 incidences. La première, c'est que avant de lancer un programme de biotech, on se doit d'avoir une politique nationale cohérente en ressources génétiques. Eh bien je peux vous dire, et vous démontrer, vous donner tous les chiffres que vous voudrez, que la France est l'un des meilleurs pays au monde en matière de ressources génétiques naturelles. Elles sont ouvertes, elles sont accessibles, elles sont caractérisées et elles sont libres d'accès. Et l'INRA est le principal détenteur de ces refuges génétiques végétal et animal.

Ensuite, il faut aussi avoir un ensemble d'alternatives aux OGM. Et lorsqu'on conduit un programme, on doit développer d'autres recherches pour le même truc. Et c'est ca qui justifie que, comme ma spécialité, c'est de trouver un procédé de lutte biologique contre la pyrale du maïs, eh bien on m'a dit "tu vas travailler avec des champignons", d'ailleurs je peux vous dire que l'usine qui résulte de mes travaux, y'a 2 usines qui ont été montées, y'en a une tout près d'ici, la boite s'est mise en place ici à Pau, et elle marche depuis plus de 20 Ans, et l'autre à l'île de la réunion. Mais j'ai d'autres collègues qui travaillent sur les trychogrammes qui sont des hyménoptères, de petites guêpes qui piquent dans les oeufs des pyrales, et j'ai d'autres collègues qui font de la génétique conventionnelle, d'autres qui font de l'agronomie, pour essayer de voir comment on peut décaler les cultures de maïs ou autres, et tout ca c'est pour avoir un faisceau de méthodes qui permette de controler la pyrale. Ca, on le fait pour tous les programmes, et quand on a fait le programme de génomique vigne contre le cournoué, il y a eu une étude conduite par Pierre Benoit Joly qui se trouve être ici aujourd'hui, conduite par l'INRA, avec des consultations de citoyens, de chercheurs, et l'un des premiers messages qu'ils nous ont dites, c'est "faites autre chose que ca, dites nous ce que vous faites, et engagez vous sur le fait que vous faites d'autres choses". Eh bien, nous l'avons fait, nous l'avons décrit, et nous continuons de le décrire. Pour autant, nous n'avons pas arrêté le programme transgénique parce que aujourd'hui, moi, je ne sais pas, et je trouve bien fort que l'on puisse dire que jamais on n'aura besoin des OGM dans un pays. Or, aujourd'hui, et c'est pour ca que je suis contre votre position majoritaire ici, je suis contre le moratoire. Pourquoi? PArce que pour moi, un moratoire n'a de sens que s'il est assujetti à des questions explicites. Et après, je suis d'accord avec Vélot: si on répond aux questions, et que la réponse n'est pas satisfaisante, je serai le premier à dire alors "on interdit l'OGM sans discussion". Mais si la réponse à la question n'est pas non satisfaisante, alors je ne vois pas l'intérêt d'en sortir. PArce que moi, je ne sais pas, avec tous les changements qu'il y a, je ne sais pas demain ce qu'on attendra de l'agriculture, on attendra je pense autant de production et de productivité, et un meilleur respect pour l'environnement. VOilà les 2 moteurs qu'on aura.

Et dire ca, ca ne veut pas dire "je ne suis pas sur que les OGM ne seront pas pertinents dans certains des cas".

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Forsans :

Ce que vous êtes en train de dire, c'est d'abord que vous êtes d'accord avec Vélot sur certains principes de faisceaux de méthodes, les OGM ne sont pas une panacée, les investigations sur le système doivent être conduites, des alternatives aux OGM doivent être recherchées; et que vous n'êtes pas d'accord avec le moratoire parce que il faut qu'il raisonne sur des questions explicites. JE ne sais pas très bien ce que ca veut dire, des questions explicites.

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Riba :

Par exemple : les allemands sont en train de mettre un moratoire, et ils ont assujetti le moratoire à la capacité des entreprises à mettre en place des plans de bio-vigilence qui seront évalués par le public. On peut discuter de ca, mais au moins, là, on sait (aujourd'hui Monsanto est interdit de culture là parcequ'il n'a pas été en mesure de produire ce plan de bio-vigilence) et les citoyens ont dit : s'il produit un plan de bio-vigilence satisfaisant, alors, on lèvera le moratoire. Je ne suis pas en train de dire, que c'est ca qu'il faut faire, il y a aujourd'hui des débats de Grenelle et autres, et je trouve ca très bien, et personnellement, si dans le débat de Grenelle, il est dit qu'il y a une suspension des cultures d'OGM parce qu'il y a telle et telle question et qu'on attends les réponses, et selon la qualité de ces réponses, on fera ou on ne fera pas, non, elles n'y sont pas les questions, si on dit qu'il y a un moratoire, il n'y a pas de questions dans un moratoire, on dit qu'on est contre les OGM, c'est un choix

(protestations dans la salle)



Il faut dire "il y a un moratoire pour tel et tel problème", et on traite le problème! Et ca c'est pas clair.

La deuxième chose, et quoiqu'il arrive, il faut soutenir la recherche : si vous posez la question : combien y'a t'il de chercheurs publiques en France qui font des OGM à vocation agronomique? C'est clair : aucun! Ils ont tous tombé le tablier, tous. Y'a personne au CNRS, personne à l'INRA, parce que le débat OGM a découragé complètement ces chercheurs là, qui culpabilisent et qui maintenant ne veulent plus travailler sur ca. Comme vous n'en voulez pas, on va être clairs :



Je ne suis pas sûr que dans le temps, vous ne reviendrez pas sur ces décisions là.

je ne suis pas sûr qu’on n’en aura pas besoin et moi je dis qu’en aucun cas il ne faut affaiblir la recherche et moi j’aimerais, s’il y a suspension de la recherche agronomique etc.., qu’au moins il y ait autorisation de la recherche y compris pour des essais au champ.

Je peux m’expliquer sur ces essais au champ : si c’est pour montrer que le maïs BT est efficace contre la pyrale, à partir du moment où il y a un moratoire sur ces cultures là, il n’y a pas besoin d’essais aux champs pour ça, je suis entièrement d’accord avec vous, c’est une question à laquelle on sait répondre, la réponse à cette question est claire et il n’y a pas besoin d’essai pour ça. Mais il y a des situations où moi je n’accepte pas d’être assujetti aux données de Monsanto et qui auront été produites aux USA.

Si nous ne faisons pas des essais pour des gènes avec des activités nouvelles dans nos contextes, si nous n’avons pas le droit de faire ces essais, les seuls qui pourront dire si ça marche ou pas sont les promoteurs de l’innovation, qui seront donc Monsanto ou autres.et ça je l’accepte pas Si nous ne pouvons pas faire d’essais,nous n’aurons pas non plus d’experts pour faire ça,.donc ça veut dire qu’on sera, non seulement tributaire de leurs réponses mais en plus on ne pourra même pas mobiliser les compétences pour obtenir ces réponses et moi j’accepte pas cette solution là.
Même s’il y a moratoire, il faut au moins que les essais pour acquisition de connaissance soient autorisés pour ne pas freiner la recherche.

Ensuite je suis d’accord sur le fait qu’il faut encadrer les cultures   transgéniques. J'admets que c’est une innovation nouvelle, qui pose des questions, et comme Vélot dit : « on ne sait pas répondre à tout », personne ne sait répondre à tout, nous non plus, alors dans ce cas là je suis en faveur de la biovigilance et en faveur d’un encadrement.
On ne peut pas assujettir ces cultures-là aux seules lois du marché. Il faut
qu’il y ait des procédures de biovigilance qui soient mises en place et que des
règles de séparation soient mises en place et aussi que des procédures de
remboursement en cas de contamination soient aussi mises en place.


Enfin il faut aussi que les essais soient autorisés à condition qu’ils soient
faits avec parcimonie. ça je l’ai dit,quand on connait la réponse à la question
c’est pas la peine de le faire,quand on peut faire autrement qu’en utilisant le
transgénique pour avoir la réponse à la question, n’utilisons pas les
OGM,faisons le autrement.

Il faut qu’ils soient transparents et moi on a pas
d’état d’âme à l’INRA. on l’a fait et ça été le fruit de ce travail, on a mis
en place deux comités où il y des consommateurs, des assos de protection de la nature, des agriculteurs qui se réunissent deux fois, trois fois par an,

Ils se sont réunis la semaine dernière, qui s’expriment, qui visitent les essais,et
il y ades débats et là on leur montre les résultats et on leur montre les
résultats dans les autres recherches qu’ils sollicitaient. Voilà il faut
que cela soit fait avec parcimonie, dans la transparence et dans le respect de
la règlementation.


Là où je diverge le plus avec Vélot c’est sur le problème de la toxicité.
Mais nom de Dieu, aujourd’hui on se pose la question de la pertinence de la
mise en culture au prétexte qu’il aurait un risque de santé publique, d’accord
?
mais expliquez moi dans ce cas là pourquoi les importations sont autorisées !
(applaudissements fournis)


moi je vais vous diredonc on est bien d’accord, s'il y a des risques de santé publique, alors ceux qui ont autorisés doivent allés en prison, on est bien d’accord
(applaudissements, oui oui (ça risque de faire du monde)



Le problème maintenant c’est de voir si ces risques là existent de santé
publique et c’est là dessus qu’on diverge avec Vélot. Effectivement il y a beaucoup d’essais qui ont été faits, et il a raison de dire qu’il n’y en a pas
suffisamment, ça serait tellement mieux qu’il y en ait tellement plus quand on
aura fait tellement plus, il dira il faut en faire encore plus ( Oh de désolation )
je vais vous dire : aujourd’hui vous en mangez, je vais vous dire, un chiffre :
dans 70% des produits tranformés, vous avez soit du gluten de maïs, soit
de la lécitine de soja. Si vous mangez des produits transformés vous avez du chouilla (c'est à dire un tout petit peu) d’OGM;
(dans la salle : « c’est de l’arnaque, c’est l’arnaque) Qualifiez le comme vous
voulez ce que je dit : il y a plusieurs centaines de milliers d’humains qui mangent des OGM.


(dans la salle : c’est comme l’amiante !)


Mais non, c’est pas comme l’amiante, il y a beaucoup d’essais qui sont faits. En effet les essais de cancérogénèses ne sont pas faits, mais par contre quand Vélot dit que : les essais doivent être suivis sur le plan toxico quand,
je te rappelle, que la toxine de BT est une protéine, je ne vois pas comment on peut suivre une protéine dans un organisme déjà bondés de protéines. c’est totalement différent du colza avec le round up. Sur la protéine BT je ne sais pas faire ça et personne ne sait faire çaje ne sais pas repérer une protéine parmi des millions de protéines.

je pense que le maïs BT est une chance, je vais même aller plus loin, je pense que la France est l’un des rares pays, sinon le meilleur pays pour développer le maïs BT

(protestations dans la salle)

non mais je ne vais pas me dégonfler.


Tout simplement parce que la pyrale du maïs est un ravageur essentiellement
mono voltin c’est à dire  une à deux générations, bi voltin ici dans cette région, la vitesse de développement de la pyrale est beaucoup plus réduit
qu’en Espagne, en Grèce ou aux U.S.A.;

Deuxièment nous avons mis au point des évaluationset de suivi des risques de résistance et nous avons des méthodes qui permettent de le suivre sur le terrain.

Dire et ça je dois dire que c’est les anti-ogm qui nous ont pousser au cul pour
qu’on fasse ces recherches et maintenant nous les avons faites et elles
sont au point et nous avons fait. Troisièmement si on développe le maïs BT sur 500 000 ha en France, on supprime 500 000 ha de traitement insecticidepuisque jusqu’à aujourd’hui lajustification des traitements insecticides s’est fondée sur la pyrale ce qui n’est pas le cas en Espagne ou dans d’autres pays.la raison pour les espagnols c’est que si eux sont fanas du maïs BT, c’est pasà cause de la pyrale, c’est à cause de la sésamie, c’est un insecte contre lequel on ne sait pas lutter par des voies chimiques et on a du mal à lutter par voie biologique, donc eux ils n’avaient pas d’alternatives pour protéger leur maïs, la sésamie va maintenant monter et les maïsiculteurs qui sont ici dans la salle et quand vous aurez deux générations de sésamie et quand la sésamie aura monter jusqu’à Poitiers, tout le sud-ouest, je ne suis pas sûr que vous ne serez pas les premiers à dire : quand même si on avait quelque chose d’efficace contre la sésamie ce ne serait pas si mal que ça . Or aujourd’hui, la seule méthode contre la sésamie c’est le maïs BT.

Je vais m’arrêter là pour laisser la parole

(applaudissements)
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il était clair que ça serait compliqué ...maintenant nous allons complétement
changer de sujet  (Forsans)

Suite : intervention de Monsieur Pèes

Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM - Publié dans : Actions ici
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