Dimanche 10 février 2008
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Pour la première fois, un insecte est parvenu dans la nature à développer une résistance à une toxine produite par une plante génétiquement modifiée pour l'éradiquer. Helicoverpa zea, une noctuelle ravageuse du coton, vient d'administrer aux Etats-Unis une démonstration brillante de la théorie de l'évolution : quand une population est soumise à une pression de sélection, la survenue de mutations peut favoriser sa perpétuation.
Un tel phénomène de résistance aux toxines sécrétées par des OGM avait déjà été induit en laboratoire. Mais il n'avait encore jamais été détecté dans les conditions d'agriculture réelle, rapporte un article mis en ligne le 7 février par la revue Nature Biotechnology.
Bruce Tabashnik et ses collègues de l'université de l'Arizona y présentent leur compilation d'une décennie d'études conduites sur six espèces d'insectes visés par des toxines produites par des cotons et des maïs transgéniques cultivés en Australie, en Chine, en Espagne et aux Etats-Unis. A ce jour, notent-ils, seule Helicoverpa zea est parvenue à résister à une toxine, Cry1Ac, produite à partir d'un gène tiré de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt).
Les premières chenilles de papillon résistantes ont été détectées à partir de 2003, dans des champs de l'Arkansas et du Mississippi. Certaines étaient capables de survivre à des doses de toxine 500 fois plus élevées que celles tuant ces insectes, dans les mêmes parcelles, avant l'introduction de ce coton dit Bt.
MAINTIEN DE ZONES "REFUGES"
Pour faire face à ce phénomène de résistance, les promoteurs des OGM préconisent le maintien de zones "refuges", semées en plantes conventionnelles, où sont conservées des populations d'insectes sensibles à la toxine ayant pour avantage de "diluer" par croisement le caractère résistant des individus mutants.
Cette stratégie semble fonctionnelle, mais à condition que les refuges soient "abondants", prévient M. Tabashnik : en Arkansas, où 39 % de la population d'Helicoverpa pouvaient trouver pitance dans des champs non OGM, la résistance a pu apparaître et pourrait, au rythme actuel, être totale d'ici neuf ans.
Au contraire, en Caroline du Nord, où ce pourcentage de refuge était de 82 %, la fréquence de la résistance sera encore presque nulle dans dix ans, prédit-il.
Par Le Monde
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Lundi 11 février 2008
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21:57
«La dissémination [des OGM] est incontrôlable. Elle se fait par la floraison : le pollen ne s'arrête pas à 10 mètres ; elle se fait par le transport, par le stockage ». Mais pour cette militante du Collectif Béarn pour un moratoire sur les OGM, le glanage est un autre mode de « contamination », peut-être plus insidieux, plus méconnu en tout cas.Au Cami-Salié (avenue Olof-Palme), samedi, c'est dans le même champ que le Comité avait dénoncé, l'été dernier, comme semé en maïs transgénique pour le compte d'Euralis, sur une parcelle de 7 hectares appartenant à la ville de Pau, qu'une quinzaine d'opposants aux OGM se sont à nouveau manifestés.Etaient entassés en petits tas, les épis qui avaient encore pu l'être par les « glaneurs » pour la démonstration de la cause. Ces quelques kilos de maïs, c'est tout ce qu'ont laissé les palombes et les propriétaires de quatre poules ou de trois lapins. Qui, conformément au code rural héritier d'un usage médiéval, ont usé de l'ancestral droit de glanage, consenti jadis aux plus misérables, pendant les trois suivant les récoltes, après le lever du soleil?Interdiction et loi OGM. Les hasards de l'actualité ont voulu que ce happening ait lieu le jour de l'interdiction en France du maïs Mon 810 de Monsanto (clause de sauvegarde), seule variété transgénique jusqu'alors cultivée dans l'Hexagone.Mais de cette « bonne nouvelle », il était assez peu question chez les glaneurs d'OGM d'un jour, très préoccupés des conséquences de la loi OGM examinée au Sénat la semaine dernière, et qui le sera en avril par les députés.Elle est censée organiser la coexistence des filières OGM et non-OGM. « Impossible car incontrôlable et invérifiable », tranche une militante du Collectif : « Il est question d'un droit à consommer avec ou sans OGM, mais quand on donne le droit de con sommer avec OGM on exclut la possibilité de le faire sans ». Et la militante de pointer l'exclusion des représentants la société civile dans la nouvelle instance de consultation envisagée (à la place de la Haute Autorité).Symboliquement, les anti-OGM demandent « comme la moins mauvaise solution » que les épis glanés sur le champ de l'avenue Olof-Palme soient incinérés. Une demande à laquelle s'est associé Eric Schatz, chef de file à Pau de la liste Vraiment à gauche, l'un des rares candidats de l'agglo qu'ont vus les manifestants, samedi.
Par Sud-ouest
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Lundi 18 février 2008
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15:28
Par Ophélie Neiman (Rue89) 16/02/2008
Pressions sur les scientifiques, les politiques et les médias: une enquête dévoile les méthodes du géant de l'agriculture.
Elle se dit inquiète, mais prête à aller jusqu'au bout de cette enquête. Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, a pourtant l'habitude des reportages périlleux. Mais elle avoue que
celui-ci dépasse tout ce qu'elle attendait.
L'article complet sur Rue89.
Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM
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Mardi 19 février 2008
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Challenges.fr | 18.02.2008
Les ministres européens ne se sont pas mis d'accord sur 5 produits génétiquement modifiés. La Commission hérite du dossier.
Lire l'article complet.
Par JF Mong
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Vendredi 7 mars 2008
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Le Pr. Marcello Buiatti et son équipe de l'Université de Florence, en Italie, viennent de publier dans
une revue internationale de haut niveau (Rosati et al., Plant. Mol. Biol., 2008) des résultats étonnants qui remettent en cause la caractérisation génétique du maïs OGM Bt MON 810.
Le Pr. Buiatti est membre du conseil scientifique du CRIIGEN et a également présenté ses résultats
lors d'une séance de la Société de Biologie à Paris récemment, où d'autres études de scientifiques du CRIIGEN ont été exposées.
L'article est intitulé « Characterisation of 3' transgene insertion site and derived mRNAs in MON810
YieldGard® maize » par Alessio Rosati, Patrizia Bogani, Alisa Santarlasci, et Marcello Buiatti. Plant Mol. Biol. (2008) DOI 10.1007/s11103-008-9315-7.
Cet article révèle que le gène ajouté, caractéristique de l'OGM, et codant pour la toxine insecticide
Bt MON 810 s'est inséré dans un autre gène du maïs qui ressemble à 80% à une ubiquitine-ligase. Les ubiquitine-ligases sont des enzymes importantes notamment pour la régulation de plusieurs
fonctions cellulaires. De plus, l'insertion de la construction génétique de l'OGM Bt dans ce gène de la plante pourrait permettre la formation de nouvelles toxines insecticides « hybrides
».
Les conséquences sur la biosécurité de ces faits ne sont pas connues. En tout cas, ces résultats sont
la preuve de la nécessité de renouveler les techniques utilisées dans la description moléculaire et biochimique des OGM désormais obsolètes.
Le CRIIGEN souligne combien la réglementation des OGM devrait évoluer vers une obligation d'obtenir la
séquence des gènes artificiels après leur intégration dans des organismes vivants, avec celle des gènes les entourant, et combien la toxicité des nouveaux insecticides Bt devrait être mieux et
plus longtemps étudiée.
Le maïs-insecticide Bt MON 810 est le seul OGM vraiment cultivé commercialement en Europe aujourd'hui,
sur moins de 1% des surfaces agricoles. Sa réévaluation est prévue en 2008. La France a plaidé récemment pour un moratoire sur ses cultures, suite à de nombreuses interrogations du Comité de
préfiguration de la haute autorité sur les OGM, qui n'avait pas pris en compte ces récents résultats. Le moratoire à la consommation et à l'importation de la nourriture animale pourrait être
étudié.
Contacts en France : CRIIGEN Tél : +33 (0) 2 31 56 54 89 ou 56 84 - mail
: criigen@unicaen.fr
Par CRIIGEN
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