Articles de presse

Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /2008 16:52
YANN ARTHUS-BERTRAND. --Vote de la loi pro-OGM : est-ce la mort du Grenelle de l'environnement ?

: : Propos recueillis par Jean-Paul Taillardas



 
« Sud Ouest Dimanche ». Est-ce que les OGM vous inquiètent ?
Yann Arthus-Bertrand. Je ne suis pas un grand spécialiste mais, bien évidemment, en tant qu'écologiste, je me pose des questions.

3 Faut-il un moratoire ?
Bien sûr que sur les OGM il faut un moratoire, mais on a un peu perdu de vue que le vrai problème, c'est Monsanto. Et comme on l'a vu dans le récent documentaire sur Arte, ce sont des gens qui ont été mouillés dans des histoires pas très belles. Ils ont une façon de se défendre qui montre que, manifestement, on nous cache des choses. C'est ça qui crée un doute et qui fait le plus peur.

3 Quelle attitude adopter face aux OGM ?
Il ne faut pas être faux-cul. Les OGM sont déjà en France. Nos cochons, nos poulets sont élevés avec du soja OGM. Évidemment, ce n'est pas marqué sur l'étiquette.

3 Que vous ont inspiré les déboires de Nathalie Kosciusko-Morizet ?
C'est une ministre compétente car elle connaît ses dossiers. Il y a longtemps qu'on n'a pas eu une ministre de l'Écologie comme elle. Elle est courageuse. Et puis, quand on dit la vérité, on n'a pas à s'excuser. Je l'ai appelée pour lui dire que même si on ne se connaissait pas bien, je la soutenais. Quant à Jean-Louis Borloo, après son discours à Bali, j'ai eu l'impression qu'il était convaincu, qu'il y croyait.

3 Ne sont-ils pas un peu seuls à l'UMP ?
Il y a un vrai lobby pro-OGM à l'Assemblée nationale. Lors du discours final du Grenelle, à l'Élysée, quand j'ai vu qu'il y avait quelqu'un de Greenpeace au premier rang, je me suis dit qu'on avait fait un pas énorme. Mais j'étais assis à côté de la bande des vieux députés, des ténors de l'UMP. Et quand Sarkozy a parlé des OGM, j'ai bien vu qu'ils étaient catastrophés ! Je me suis rendu compte alors que la partie n'était pas gagnée.

3 L'Assemblée aurait-elle dû penser au principe de précaution ?
Je pense que rien n'est jamais complètement mauvais, pourvu qu'on prenne justement des précautions. Les OGM, on en aura besoin dans les médicaments, peut-être pour nourrir les gens, pour faire des agrocarburants, mais il ne faut pas faire n'importe quoi.

3 À propos d'agrocarburants, certains s'alarment des surfaces qu'ils occupent?
Pour remplacer le pétrole, il faudrait couvrir la terre de colza ! La solution n'est pas de fabriquer de plus en plus de carburant, elle est de se déplacer mieux en en consommant moins. La date de la fin du pétrole, on la connaît. Elle est dans dix, vingt, trente ans. Ce ne sont pas des échéances lointaines. Pendant ce temps, on construit des avions dont on dit qu'ils devraient être amortis sur vingt ans. Mais avec quoi voleront-ils ? Avec du kérosène à 500 dollars le baril ?

3 Que faut-il faire ? Ne plus prendre l'avion ?
Je comprends qu'on ait envie de passer un mois au Brésil. Mais on n'a pas besoin d'aller juste pour un week-end à Marrakech. Moi-même, j'ai fait des allers-retours en deux jours à New York, mais c'est débile. Le secret, c'est que chacun fasse attention.

3 Vous prônez la « compensation carbone ». Mais certains voient en ce concept une incitation à consommer?
J'assume à 100 %. Je suis le premier à en avoir parlé parce que mon problème, c'était mon hélicoptère. La compensation, ce n'est pas l'idéal, et ce n'est pas parce qu'on compense qu'on peut faire ce qu'on veut. Mais je suis fier que, l'an passé, notre fondation ait donné à des ONG 1 million d'euros pour des fours solaires ou pour produire de l'énergie à partir d'ordures ménagères. Grâce à la compensation, on peut donner de l'énergie à des gens qui en ont besoin.
3 Quel est le but du catalogue pour « consommer responsable » de votre fondation que vous venez de publier ?
Ce sont 1 000 objets et bons gestes qui sont répertoriés et référencés pour « consommer responsable » (1). Il rappelle qu'il ne s'agit pas d'aller vers une décroissance, mais de consommer mieux.

3 Quand et comment les choses bougeront-elles en matière environnementale ?
La façon dont nous vivons tous montre bien que l'écologie n'est pas encore au c?ur des consciences. Les choses changeront quand l'opinion publique le voudra vraiment. C'est elle qui bougera les choses. Les politiques font les lois dont les gens ont envie. Si l'opinion publique n'est pas prête, ça ne se fera pas.
(1) « Catalogue GoodPlanet. org, 1 000 façons de consommer responsable », sous la direction de Yann Arthus-Bertrand, aux éditions la Martinière. Sur Internet : www.cataloguegoodplanet.org. Le sixièmevolet de « Vu du ciel », d'Arthus-Bertrand, sera diffusé jeudi 1er mai, à 20 h 55, sur France 2.
Par Sud-ouest dimanche - Publié dans : Articles de presse
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Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /2008 06:59

La production massive de biocarburants est aujourd'hui «un crime contre l'humanité» du fait de son impact sur l'envolée des prix alimentaires mondiaux, a estimé Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation à la radio allemande.

«La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité», a-t-il lancé sur les ondes du Bayerischer Rundfunk.

M. Ziegler a appelé le Fonds monétaire international (FMI) à changer sa politique de subventions agricoles et à cesser de soutenir exclusivement des projets visant la réduction des dettes. L'agriculture, estime-t-il, doit être subventionnée dans des secteurs où elle assure la survie des populations.

Il a également critiqué l'Union européenne pour sa politique de subventions, l'accusant de dumping agricole en Afrique.

«L'UE finance l'exportation d'excédents alimentaires européens en Afrique (...) où ils sont proposés à la moitié ou un tiers du prix. Cela ruine totalement l'agriculture africaine», a-t-il déploré.

«En outre, la spéculation boursière internationale sur les matières premières alimentaires doit cesser», a-t-il dit.

Dans un entretien au journal français Libération, M. Ziegler a averti que le monde se dirigeait «vers une très longue période d'émeutes» et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires.

De son côté, le patron de l'organisme allemand de protection des consommateurs Foodwatch, Thilo Bode, s'est aussi insurgé contre la «politique commerciale meurtrière des pays industriels».

«Nous avons besoin d'une autre politique énergétique. Il n'est pas possible que nous remplissions nos réservoirs aux dépens des affamés», a-t-il dit à la télévision publique allemande ZDF.

Réagissant aux appels de mobilisation actuelle contre la faim, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück a affirmé à la radio publique allemande que «l'Allemagne ne se dérobera pas à une telle action».

L'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie a provoqué la semaine dernière des émeutes en Haïti et en Egypte ainsi qu'une grève générale au Burkina Faso.

Par Le Parisien - Publié dans : Articles de presse
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Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /2008 19:31

Le documentaire Le Monde selon Monsanto, cité par le sénateur UMP Le Grand lors de son coup de colère à propos du débat sur les OGM, connaît un vrai succès populaire. Son auteure, Marie-Monique Robin, répond à LEXPRESS.fr, alors que le projet de loi est examiné en seconde lecture au Sénat, ce mercredi, dans un contexte houleux.

Le sénateur Jean-François Le Grand, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l'Environnement, a dénoncé dans une lettre à Henri de Raincourt, président du groupe UMP du Sénat, l'attitude de certains de ses collègues de la majorité. Dans ce texte, il cite notamment le titre de votre livre, refusant de céder aux "fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto…" Votre réaction?
Je trouve son attitude très courageuse, comme celle du député UMP François Grosdidier. Car les parlementaires subissent des pressions très fortes. Il y a du lobbying, de Monsanto notamment, mais ça, ce n'est pas illégal. Mais il y a aussi des menaces plus graves de mises à sac provenant de la FNSEA, dénoncées notamment par Grosdidier (dans cet article de Libération par exemple, NDLR).

Quel regard portez-vous sur le débat entre parlementaires?
Ce qui est incroyable dans cette histoire, ce sont les mensonges qui sont proférés. L'ancien ministre de l'Agriculture Christian Jacob a par exemple dit  -on peut le constater sur le site de l'Assemblée- qu'il n'y a pas de contamination par les OGM! (Intervention disponible ICI, NDLR.) Il a répété la même chose sur France-Info, allant même jusqu'à dire, dans ce débat avec le Vert Yves Cochet, qu'au Mexique, la "coexistence" entre maïs OGM et maïs non-OGM se passait très bien. Comment est-il possible de dire une chose pareille? C'est un mensonge! Au Mexique, justement, les OGM ont été totalement interdits à cause de la contamination! Le député François Grosdidier a raison de dire que certains de ses collègues sont "intoxiqués"...

Craignez-vous l'issue de la seconde lecture du texte au Sénat?
Rien n'est fait encore, et l'amendement 252 a le mérite de réduire l'impact de la loi... Mais il faut savoir de quoi on parle. S'il s'agit d'encadrer la mise en champ et sur le marché des OGM -c'est à dire des OGM de Monsanto, puisque ce sont ceux-là qui nous attendent- alors il faut étudier ces OGM comme ils doivent l'être. Or, les OGM de Monsanto sont des plantes pesticides, donc a priori toxiques, et il convient donc, avant de les autoriser, de faire comme pour tous les produits toxiques: il faut les tester sur trois espèces animales pendant trois mois, puis pendant deux ans sur les rats. Or, cela n'a jamais été fait!

Et que l'on ne dise pas le le maïs BT de Monsanto (le MON 810 et le MON 863) n'est pas néfaste sans l'avoir prouvé: il faut absolument respecter le principe de précaution! D'autant plus qu'il y a un précédent avec le maïs BT d'une autre société, Aventis, qui en 2000 a provoqué de graves problèmes de santé. Le maïs Starlink, très allergène, n'était donné qu'aux animaux, mais il s'est évidemment retrouvé dans la chaîne alimentaire aux Etats-Unis, notamment dans des restaurants tex-mex, et a rendu des gens très malades. Il a finalement été interdit, Aventis a perdu 1 milliard de dollars dans l'affaire. Mais huit ans après, on trouve encore 1% de maïs OGM Starlink dans le maïs américain...

Je pense donc que faire une loi aujourd'hui qui autoriserait la mise sur le marché de tels OGM serait tout à fait irresponsable. D'accord pour encadrer la recherche sur les OGM en milieu confiné, si cela doit nous permettre de trouver des OGM merveilleux - mais pour l'instant, cela n'existe pas, les OGM merveilleux... Mais pas de mise en champ: on l'a vu partout sur la planète, quand on autorise les OGM, il n'est plus possible de revenir en arrière.

Votre film et votre livre connaissent un incroyable succès. Quelles leçons en tirez-vous?
Dans toutes les villes où je vais présenter mon travail, il y a beaucoup de monde, pas seulement des militants, toutes sortes de gens qui veulent comprendre. C'est un débat citoyen. Sur le Net aussi, il y a ce débat citoyen - je parle des gens sérieux, pas de ceux qui essayent de me dézinguer, il serait d'ailleurs intéressant de savoir qui ils sont, ceux-là... Ignorer ce débat citoyen et passer en force avec cette loi, c'est grave. C'est un déni de démocratie.
Par L'Express - Publié dans : Articles de presse
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /2008 07:59
Par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM - Publié dans : Articles de presse
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Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /2008 15:18

Le docteur en droit public et nouveau maire socialiste de Millau, Guy Durand, entend faucher les OGM jusque sur sa commune. Il n’y a déjà plus de pesticides dans les serres municipales. Les cantines des écoles servent des repas bio. La ville est le siège de l’interprofession du fromage de Roquefort qui a proscrit les OGM dans le lait de brebis.

Arrêté. Et c’est à partir du démontage du McDonald’s de Millau par José Bové en 1999 que s’est développée l’opposition aux organismes génétiquement modifiés. Guy Durand met en délibération au 23 mai un arrêté qui en interdit la culture dans son ressort. «Les bases constitutionnelles de cet arrêté sont solides», estime-t-il. Le président du Conseil général du Gers a échoué, lui, dans sa tentative d’organiser un référendum sur le thème. «Parce qu’un président de Conseil général n’a pas de pouvoir de police sur son département, développe l’élu. C’est le préfet qui le détient. Un maire a ce pouvoir sur sa commune.» Le Conseil d’État a déjà jugé que la santé publique faisait partie de l’ordre public auquel les maires ont le devoir de veiller, par leurs pouvoirs de police justement. Guy Durand juge dès lors qu’il lui revient de protéger ses administrés des «risques que les OGM pourraient faire peser sur eux». Au nom du principe de précaution, précise-t-il. Ce principe figure en préambule de la Constitution depuis que Jacques Chirac y a fait intégrer la charte de l’environnement en 2005.

«Lorsque la réalisation d’un dommage […] pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent […] à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage» , indique l’article 5 de cette charte.

Ordre public. Ce qui vaut pour l’environnement, fait valoir Guy Durand, ne peut que s’appliquer à la santé et à l’ordre public. La boucle juridique serait ainsi bouclée. Ce professeur de droit ne doute pas que son arrêté sera attaqué. Il ne doute pas non plus qu’il saura le défendre : «Et ce fera une belle jurisprudence».

Par Libération - Publié dans : Articles de presse
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