Les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP

Publié le par Christian Berdot

Rapport intitulé "Les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP" remis à Monsieur le Président de la République par Mme Taubira, députée de Guadeloupe.

Voici deux extraits de ce rapport qui remettent à leur place les mensonges des Lacadée, Pèes et autres, sur les OGM qui ont de bons rendements et aident les pays pauvres dans la lutte contre la faim.

Bonne lecture



p 44 : Après Lee Kyung-Hae, 40 000 paysans indiens se suicident. C’est le drame du coton  transgénique dans les Etats de l’Andhra Pradesh  et du Karnataka, la ‘ceinture du coton’. Le  gouvernement indien charge son ministre de l’Agriculture d’en comprendre les raisons. Les  investigations menées font découvrir qu’entre 2000 et 2006, 100 000 paysans indiens se sont  donnés la mort, acculés par le surendettement. Ils avaient souscrit des emprunts à taux  usuraires pour acquérir un pesticide, ‘l’agent Orange’ réputé très efficace, fabriqué par la  société transnationale agrochimique Monsanto. Les résultats sont médiocres. Le rendement  est deux fois inférieur aux chiffres annoncés, la moitié de la récolte attendue est volatilisée et  le coût de cet intrant, qui avait hypothéqué plus de 60 % de la valeur de la récolte au prix du  marché parachève le désastre. Les paysans indiens livrés à eux-mêmes n’ont trouvé d'autre  issue au fléau du surendettement que la mort.

p 54 : L’organisation du monde autour de la pénurie alimentaire se donne à voir avec vulgarité.  L’aide alimentaire sert davantage les fournisseurs que les bénéficiaires. L’aide alimentaire  génétiquement modifiée occupe les débats et plus au PAM. En ne traitant que les symptômes  de la famine, l’aide alimentaire a contribué à la déshérence de l’agriculture vivrière dans les  pays du sud. Elle a nourri la dépendance de millions de personnes qui vivent désormais dans  des pays où « l’on consomme ce que l’on ne produit pas et où l’on produit ce que l’on ne  consomme pas ». Elle a aussi ouvert des marchés, et les dons en nourriture au PAM ( dont les  Etats-Unis sont les premiers contributeurs en nature)se raréfient lorsque les prix agricoles  s'améliorent, comme s’il y avait corrélation entre la générosité alimentaire internationale et le  cours des denrées agricoles ; comme si l’effondrement de ces cours aspirait les surplus  agricoles vers les mécanismes de vente pour l’aide, comme une subvention a posteriori.  L’aide alimentaire est ainsi à contretemps, comme le démontre Marc Dufumier. Ainsi, lorsque  le prix mondial du blé dégringole en 1987, l’aide en blé et en farine de blé atteint un pic. Par  contre, elle chute en 1996 lorsque grimpe le cours du blé. Comme si l’aide suivait davantage  le marché que la famine... Les procédures de plus en plus élaborées pour breveter du vivant  risquent bien d’aggraver ces dérives en accentuant le pouvoir des fournisseurs céréaliers sur  l’alimentation mondiale.  

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