Libé Lyon, 14/7/8 - Les faucheurs volontaires deviennent semeurs volontaires

Publié le par Libé Lyon

Rassemblés ce week-end à Grigny (Rhône) dans le cadre de leur assemblée générale annuelle, les militants du collectif anti-OGM des Faucheurs Volontaires ont décidé de devenir des « semeurs volontaires » pour lutter contre la privatisation des semences. Objectif : encourager l'échange des semences non brevetées et interdites. Par l’intermédiaire de José Bové, ils ont également dénoncé les carences de moyens mis en œuvre pour faire respecter le moratoire sur le MON 810, le maïs OGM de la firme américaine Monsanto qui, selon eux, continue d'être illégalement cultivé…

« Semences volontaires ». Pour les Faucheurs Volontaires, il y a urgence à lutter contre les certificats d’obtention végétale (COV). Sorte de brevets améliorés, ils ont été créés pour protéger l’inventeur de la semence. Le problème, c’est qu’ils profitent en grande partie aux grandes firmes, qui privatisent les semences dont elles détiennent la paternité. « Résultat, elles obtiennent des sortes d’exclusivités, et obligent les agriculteurs à payer des cotisations sur les semences au lieu de pouvoir produire leurs propres cultures », explique José Bové. Pour lutter contre ces certificats, le collectif a donc lancé ce week-end le « mouvement des semences volontaires ». Objectif : inciter à l’échange et à la plantation de « semences interdites », qui ne sont pas inscrites au catalogue autorisé. « Aujourd’hui, quelqu’un qui achète des graines dans le commerce ne peut pas les échanger car elles sont stériles ou hybrides », ajoute José Bové. « Il n’y a pas d’issue aux émeutes de la faim si les paysans ne peuvent pas échanger des semences sans passer part des firmes »

Prélèvements. Seule variété à être produite en France à des fins commerciales, le MON 810 est, selon les Faucheurs Volontaires, toujours cultivé malgré son interdiction pour l’année 2008. « Les faucheurs volontaires se sont transformés en Sherlock Holmes et font le travail de l’Etat », a déploré le leader de la confédération paysanne, faisant allusion aux prélèvements menés régulièrement partout en France par le collectif pour repérer les agriculteurs qui font pousser ce type d’OGM à l’abri des regards. En Rhône-Alpes, près de 300 hectares de MON 810 avaient été recensé en 2007.

Selon, Patrick Herrero, coordinateur départemental des Faucheurs Volontaires, certains agriculteurs de la région continuent de cultiver du MON 810 malgré l’interdiction. Le militant affirme que ce type d’OGM a été planté l’an dernier dans le Rhône. Pour vérifier le bien fondé des soupçons qu’il porte sur certaines parcelles de la région, le collectif va prochainement faire procéder à des prélèvements. Une opération à moindre frais, puisque la Région se propose de financer la démarche.

Publié dans Articles de presse

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