Actu-Environnement, 03/11/2008 : a France maintient la clause de sauvegarde sur le MON 810

Publié le par Actu-environement

La France maintient sa position sur la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON 810 et elle la soutiendra au Conseil des ministres européens, a indiqué le 31 octobre le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire dans un communiqué alors que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime injustifié l'embargo français sur cet OGM.

Aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l'environnement, n'a été fournie pour justifier l'invocation d'une clause de sauvegarde en France, a précisé l'EFSA dans un avis rendu public le 31 octobre.

La culture du maïs génétiquement modifié MON 810 de la firme américaine Monsanto, le seul OGM autorisé en France, a été suspendue en février dernier et reste interdite en France.

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, et Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, rappellent que cette clause a été décidée dans le cadre du droit européen, et que si l’avis de l’EFSA constitue une étape du processus, la décision revient au Conseil des ministres européens puis éventuellement à la Commission européenne.

M. Borloo et Mme Kosciusko-Morizet regrettent que l’Agence n’ait pas publié de compte-rendu de la rencontre qui a eu lieu début octobre entre les scientifiques français et une partie du panel OGM de l’EFSA. Ils soulignent en outre qu'en accord avec la Commission, la France a initié en mars 2008 des travaux pour renforcer l'évaluation environnementale des plantes génétiquement modifiées.

Les associations critiquent l'EFSA

Pour France Nature Environnement (FNE), l’EFSA ignore le principe de précaution !, a indiqué la fédération dans un communiqué. La FNE juge qu'il serait impensable qu'un comité d'experts largement acquis à la cause des OGM l'emporte sur une décision politique qui doit être prise démocratiquement. Pour FNE, il revient à la présidence française de l'Union européenne de défendre l'avis de l'immense majorité des citoyens européens qui ne veut des OGM ni dans les assiettes, ni dans les champs.

Greenpeace a pour sa part estimé que cet avis de l'EFSA n'était pas justifié. Cette décision grave qui pourrait ouvrir la voie à la ré-autorisation de ce maïs en France, a été prise au mépris des doutes sérieux soulevés par les études scientifiques, a indiqué Greenpeace dans un communiqué. C'est une nouvelle preuve de l'incapacité de cette agence et de la nécessité urgente de la réformer, a déclaré l'organisation écologiste.

R. BOUGHRIET

Publié dans Articles de presse

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