Le Collectif Béarn pour un Moratoire OGM est un
regroupement d'associations, syndicats, partis politique et consommateurs, exigeant un moratoire sur la culture des OGM en plein champ.Claude Menara, agriculteur lot et garonnais, a été jugé en référé devant le tribunal de Marmande, jeudi 5 avril , pour « trouble anormal de voisinage » suite au semis d’OGM. Le jugement sera rendu le 24 mai. D’ores et déjà, face à l’absence de responsabilité des firmes semencières quant aux risques de contamination OGM, l’agriculteur a tempéré ses ardeurs : au lieu des 200ha prévus, 48ha d’OGM seront semés.
En 2006, Claude MENARA, maïsiculteur en Lot et Garonne, a semé 100 ha de maïs OGM. Le pollen récolté dans des ruches à 1200 mètres de la parcelle était contaminé à plus de 40 %.
Ce 5 avril, l'agriculteur était assigné en référé devant le tribunal de Marmande par l’apiculteur Maurice Caudoin, soutenu par BIO D’AQUITAINE et la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique), et d’autres organisations agricoles.
L’an dernier, l’agriculteur, épaulé par les vendeurs de semences, déclarait : « 100 ha d’OGM, j’assume ! »*. Il souhaitait développer et doubler sa superficie semée de maïs OGM en 2007.
Hier devant le tribunal, il s’est retrouvé bien seul. Dans le contrat qui le lie à son fournisseur de semences, il est bien précisé qu’en cas de pollution par les OGM qu’il a semés, il est le seul responsable ! Ni les assurances, ni les semenciers, ni l’Etat ne paieront pour lui.
Finalement en 2007, il réduira sa surface d’OGM à 48 ha.
La contamination des produits bio par les OGM représente un préjudice commercial et moral pour les paysans bio. Demain, pour se défendre les paysans sous label, pourront être amenés à assigner devant les tribunaux d’autres promoteurs des OGM ! Ceux ci risquent devoir assumer toute responsabilité, comme Claude MENARA, et perdre beaucoup là où ils pensent gagner beaucoup.
* journal Sud Ouest