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Vendredi 4 juillet 2008

La biodiversité cultivée aura-t-elle le droit de sortir des boites de
conserve où elle est enfermée ?

Après dix années de blocages procéduriers, la première directive européenne
sur les « variétés de conservation » concernant les plantes agricoles a été
publiée le 21 juin 2008 (2008/62/CE). Le gouvernement français a
immédiatement transmis le dossier au Centre Technique Permanent des
Semences, structure consultative largement dominée par l'industrie
semencière. La diffusion de semences libres de droits n'est pas le souci
principal de cette corporation qui vend des semences protégées par des
Droits de Propriété Intellectuelle. En confiant à l'industrie la gestion de
la conservation de la biodiversité dans les champs des paysans et le droit
exclusif d'en diffuser les semences, le gouvernement renie les engagements
pris au Grenelle de l'environnement en faveur de la biodiversité.

En 1992, les gouvernements de la planète réunis à Rio de Janeiro ont signé
une convention appelant à une mobilisation urgente pour sauver la diversité
biologique. La biodiversité des plantes cultivées ne peut survivre
provisoirement dans les banques de gènes où elle a été stockée que quelques
années au prix d'efforts financiers que plus personne ne veut assumer. Elle
ne peut se conserver durablement que si elle est cultivée dans les champs
des paysans. Mais le catalogue destiné à favoriser le « progrès génétique »
des variétés de l'industrie semencière l'a rendue illégale et elle a disparu
au cours des cinquante dernières années. C'est pourquoi dès 1998, la
Communauté Européenne proposait aux états membres de mettre en place des
mesures spécifiques permettant la commercialisation des semences de variétés
de conservation ou destinées à l'agriculture biologique.

La nouvelle directive issue de tractations difficiles laisse aux états une
certaine liberté d'application qui limitera ou favorisera la biodiversité
cultivée : restriction à quelques variétés très anciennes ou prise en compte
des sélections paysannes plus récentes, uniformisation ou acceptation de la
diversité des variétés paysannes, commercialisation de très petites
quantités ou ouverture à une remise en culture suffisante, confinement
géographique ou liberté de vente sur l'ensemble du territoire…

Le Groupement National Interprofessionnel des Semences a déjà fait connaître
sa volonté de n'accorder le droit à avoir des papiers en règle qu'à la
petite part de biodiversité vendue par l'industrie semencière qu'il
représente. La plus grande part de la biodiversité cultivée, conservée et
renouvelée dans la clandestinité par les paysans et les jardiniers, doit
pour lui rester "sans papier" et être refoulée vers les frigos des
collections ou disparaître.

La conservation de la Biodiversité menacée de disparition est un problème
d'environnement et de société. Le Réseau Semences Paysannes, la
Confédération Paysanne et la Fédération Nationale de l'Agriculture
Biologique demandent au Président de la République de respecter les
engagements de sa campagne électorale et du Grenelle de l'environnement en
confiant au Ministre d'Etat chargé de l'environnement, aux collectivités
territoriales, aux parcs naturels et aux organisations de la société civiles
la gestion des dossiers concernant :
- les variétés de conservation et les variétés anciennes,
- les semences adaptées à l'agriculture biologique,
- les droits des paysans de ressemer, d'échanger et de vendre les semences
qu'ils reproduisent à la ferme.

Contacts :
Guy Kastler, Réseau Semences Paysannes : 06 03 94 57 21
Philippe Collin, Confédération paysanne : 06 76 41 07 18
Henri Thépaut, FNAB : 06 71 28 84 52

Mardi 1 juillet 2008

Bruxelles veut fermer les yeux sur les petites contaminations par des transgéniques interdits. Malgré les incertitudes pour la santé et l'environnement.


L'image de cargaisons de maïs consignées dans les ports, pour cause de contamination par des OGM interdits, devrait bientôt appartenir au passé. C'est ce que souhaite la Commission de Bruxelles. Elle est convaincue qu'il n'est plus possible de perturber des pans entiers de l'économie agricole pour de simples traces de transgéniques. Même si leur impact sur la santé ou l'environnement n'a pas encore été évalué.

Elle compte proposer, « avant l'été » , aux pays de l'Union européenne, une « solution purement technique » pour éviter que de telles situations se reproduisent trop souvent. C'est ce qu'indique un document interne de l'exécutif européen.

Un « seuil de détectabilité » serait fixé à 0,1 %. Il serait considéré comme le zéro des appareils de laboratoire. En outre, les services bruxellois indiquent qu'en raison des « incertitudes liées à l'échantillonnage et aux analyses », les Vingt-Sept devraient multiplier le seuil par 2 ou 3 avant de demander aux douanes de passer à l'action. Ce qui porterait le niveau de tolérance à 0,2 %, voire 0,3 %.

Si limitée soit-elle, cette marge de manoeuvre permettrait aux États-Unis, au Brésil ou à l'Argentine de poursuivre leurs exportations sans trop de risque, au moins à court terme. La dépendance des élevages européens aux importations de maïs et de soja en provenance du continent américain est telle, justifie la Commission, qu'il ne sera bientôt plus possible de garantir leur approvisionnement sans fermer un peu les yeux sur les transgéniques.

Elle rejoint donc la position des éleveurs et de l'industrie agroalimentaire, qui évaluent à plusieurs dizaines de millions d'euros les pertes liées à la « tolérance zéro » pratiquée par le Vieux continent à ses frontières, dès qu'il s'agit d'OGM. Et, fait remarquer une lobbyiste pro-OGM, « on accepte jusqu'à 2 % d'excréments de rat ou de cailloux dans les produits agricoles »...


Luc VERNET
Mardi 1 juillet 2008
TOULOUSE - Quatre parcelles de maïs OGM ont été fauchées par le collectif des Faucheurs volontaires dans la nuit de dimanche à lundi dans le Gers et en Haute-Garonne, a-t-on appris lundi auprès des gendarmes.

Dans le Gers, a indiqué la gendarmerie, trois parcelles de cultures OGM ont été "piétinées, arrachées et laissées sur place": deux, d'une superficie de 13.500 m2 et de 3.000 m2 de la société Sygenta/Pioneer à Condom, et l'une, de 2.700 m2, de Monsanto, à Mauroux au nord du département.

En Haute-Garonne, une parcelle de cultures OGM de 4.000 m2 de Monsanto a été "fauchée ou écrasée" dans la nuit à Beaumont-sur-Lèze, a ajouté la gendarmerie.

Le collectif des Faucheurs volontaires a revendiqué lundi, dans un appel téléphonique à l'AFP, ces quatre opérations anti-OGM.

"Par cet acte, les Faucheurs volontaires dénoncent les contaminations irréversibles portées à l'environnement sans qu'aucune étude scientifique indépendante à moyen et long terme n'ait été préalablement réalisée", a expliqué le collectif.

Ils dénoncent également la loi sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM), adoptée fin mai, "ne respectant pas le Grenelle de l'environnement qui était de protéger le droit de produire et de consommer sans OGM", a affirmé le collectif.

"Les Faucheurs volontaires continueront leurs actions de protection de l'agriculture française en désobéissant de façon non-violente, et ce, malgré le +délit de fauchage aggravé+ introduit dans la loi", a ajouté le collectif.

Mardi 1 juillet 2008
Rapport intitulé "Les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP" remis à Monsieur le Président de la République par Mme Taubira, députée de Guadeloupe.

Voici deux extraits de ce rapport qui remettent à leur place les mensonges des Lacadée, Pèes et autres, sur les OGM qui ont de bons rendements et aident les pays pauvres dans la lutte contre la faim.

Bonne lecture



p 44 : Après Lee Kyung-Hae, 40 000 paysans indiens se suicident. C’est le drame du coton  transgénique dans les Etats de l’Andhra Pradesh  et du Karnataka, la ‘ceinture du coton’. Le  gouvernement indien charge son ministre de l’Agriculture d’en comprendre les raisons. Les  investigations menées font découvrir qu’entre 2000 et 2006, 100 000 paysans indiens se sont  donnés la mort, acculés par le surendettement. Ils avaient souscrit des emprunts à taux  usuraires pour acquérir un pesticide, ‘l’agent Orange’ réputé très efficace, fabriqué par la  société transnationale agrochimique Monsanto. Les résultats sont médiocres. Le rendement  est deux fois inférieur aux chiffres annoncés, la moitié de la récolte attendue est volatilisée et  le coût de cet intrant, qui avait hypothéqué plus de 60 % de la valeur de la récolte au prix du  marché parachève le désastre. Les paysans indiens livrés à eux-mêmes n’ont trouvé d'autre  issue au fléau du surendettement que la mort.

p 54 : L’organisation du monde autour de la pénurie alimentaire se donne à voir avec vulgarité.  L’aide alimentaire sert davantage les fournisseurs que les bénéficiaires. L’aide alimentaire  génétiquement modifiée occupe les débats et plus au PAM. En ne traitant que les symptômes  de la famine, l’aide alimentaire a contribué à la déshérence de l’agriculture vivrière dans les  pays du sud. Elle a nourri la dépendance de millions de personnes qui vivent désormais dans  des pays où « l’on consomme ce que l’on ne produit pas et où l’on produit ce que l’on ne  consomme pas ». Elle a aussi ouvert des marchés, et les dons en nourriture au PAM ( dont les  Etats-Unis sont les premiers contributeurs en nature)se raréfient lorsque les prix agricoles  s'améliorent, comme s’il y avait corrélation entre la générosité alimentaire internationale et le  cours des denrées agricoles ; comme si l’effondrement de ces cours aspirait les surplus  agricoles vers les mécanismes de vente pour l’aide, comme une subvention a posteriori.  L’aide alimentaire est ainsi à contretemps, comme le démontre Marc Dufumier. Ainsi, lorsque  le prix mondial du blé dégringole en 1987, l’aide en blé et en farine de blé atteint un pic. Par  contre, elle chute en 1996 lorsque grimpe le cours du blé. Comme si l’aide suivait davantage  le marché que la famine... Les procédures de plus en plus élaborées pour breveter du vivant  risquent bien d’aggraver ces dérives en accentuant le pouvoir des fournisseurs céréaliers sur  l’alimentation mondiale.  
par Christian Berdot publié dans : Documents
Mercredi 25 juin 2008
A l'attention de Monsieur le Directeur De l'Institut de Génétique et microbiologie de l'Université Paris-Sud

Monsieur le Directeur,

A l'occasion de la mobilisation de ce mercredi 25 juin 2008 en faveur du responsable d'une équipe de recherche de votre Institut, Monsieur Christian Vélot, le Collectif Béarn pour un moratoire OGM, tient à vous faire part de son étonnement devant les menaces qui pèsent sur son emploi et sur la continuité de son équipe de recherche.

Dans un souci d'apporter de la clarté au débat sur les plantes génétiquement modifiées destinées à l'agriculture, nous avons à deux reprises invités Christian Vélot à Pau pour participer à des débats publics réunissant des personnes de différentes opinions sur le sujet. Etant donné l'intérêt porté à ce sujet, ces soirées ont respectivement réunis 400 et 900 personnes (vidéo consultable sur le site www.CBMO). Il est de nouveau attendu cet automne.

Les interventions de Christian Vélot ont été très appréciées pour son souci de rigueur scientifique, son sens de la démonstration et de la précision, son honnêteté et son respect du point de vue des autres intervenants. Il a permis d'éclairer le débat, de le recadrer, d'éviter les amalgames et de permettre une véritable prise en compte du problème par le citoyen ordinaire dans ce domaine complexe.

Dans chacune de ces conférences, il a bien précisé qu'il parlait en son nom propre.

Donc, à notre avis, loin de desservir l'Institution dans laquelle il travaille, l'action d'information que réalise Monsieur Vélot auprès de la société civile valorise la crédibilité et la légitimité de la recherche scientifique. En effet, la population attend de la science qu'elle réponde objectivement à toutes les questions posées à chaque avancée fondamentale de la connaissance.

Vous remerciant par avance de votre attention et de votre action afin de rétablir Monsieur Vélot dans ses fonctions, agréez, Monsieur le Directeur, l'expression de nos sentiments respectueux.
par Collectif Béarn pour un Moratoire OGM publié dans : Actions ici
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