Sud-ouest, 11 février, Maïs OGM, berk !

Publié le par Sud-ouest

«La dissémination [des OGM] est incontrôlable. Elle se fait par la floraison : le pollen ne s'arrête pas à 10 mètres ; elle se fait par le transport, par le stockage ». Mais pour cette militante du Collectif Béarn pour un moratoire sur les OGM, le glanage est un autre mode de « contamination », peut-être plus insidieux, plus méconnu en tout cas.
Au Cami-Salié (avenue Olof-Palme), samedi, c'est dans le même champ que le Comité avait dénoncé, l'été dernier, comme semé en maïs transgénique pour le compte d'Euralis, sur une parcelle de 7 hectares appartenant à la ville de Pau, qu'une quinzaine d'opposants aux OGM se sont à nouveau manifestés.
Etaient entassés en petits tas, les épis qui avaient encore pu l'être par les « glaneurs » pour la démonstration de la cause. Ces quelques kilos de maïs, c'est tout ce qu'ont laissé les palombes et les propriétaires de quatre poules ou de trois lapins. Qui, conformément au code rural héritier d'un usage médiéval, ont usé de l'ancestral droit de glanage, consenti jadis aux plus misérables, pendant les trois suivant les récoltes, après le lever du soleil?


Interdiction et loi OGM. Les hasards de l'actualité ont voulu que ce happening ait lieu le jour de l'interdiction en France du maïs Mon 810 de Monsanto (clause de sauvegarde), seule variété transgénique jusqu'alors cultivée dans l'Hexagone.
Mais de cette « bonne nouvelle », il était assez peu question chez les glaneurs d'OGM d'un jour, très préoccupés des conséquences de la loi OGM examinée au Sénat la semaine dernière, et qui le sera en avril par les députés.
Elle est censée organiser la coexistence des filières OGM et non-OGM. « Impossible car incontrôlable et invérifiable », tranche une militante du Collectif : « Il est question d'un droit à consommer avec ou sans OGM, mais quand on donne le droit de con sommer avec OGM on exclut la possibilité de le faire sans ». Et la militante de pointer l'exclusion des représentants la société civile dans la nouvelle instance de consultation envisagée (à la place de la Haute Autorité).
Symboliquement, les anti-OGM demandent « comme la moins mauvaise solution » que les épis glanés sur le champ de l'avenue Olof-Palme soient incinérés. Une demande à laquelle s'est associé Eric Schatz, chef de file à Pau de la liste Vraiment à gauche, l'un des rares candidats de l'agglo qu'ont vus les manifestants, samedi.
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Publié dans Articles de presse

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